Antonin Artaud et l’essouflement du lógos

Nicolas Valazza
The Johns Hopkins University

Au cours du mois de novembre 1947, Fernand Pouey, le directeur des émissions littéraires de la Radiodiffusion française, sollicite Antonin Artaud – revenu à Paris en mai 1946 après une période d’internement psychiatrique de neuf ans à l’asile de Rodez – pour qu’il prépare une performance radiophonique en vue d’une émission pour le cycle La Voix des poètes, prévue le 2 février 1948. Le choix des textes et des acteurs est laissé à la discrétion de l’auteur. Artaud accepte la proposition : il collecte quelques fragments dans un recueil qu’il intitule Pour en finir avec le jugement de dieu, et convoque Maria Casarès, Roger Blin et Paule Thévenin pour les réciter. L’annonce de l’émission provoque un tapage médiatique qui conduira le directeur général de la radio Wladimir Porché à en interdire la diffusion. Cette décision suscite un vif débat dans la presse et dans le monde intellectuel parisien ; cependant l’interdiction est maintenue et la performance ne passera sur les ondes que vingt ans plus tard, en mai 1968.[1]

Read the rest of the article at pennworkingpapers.org.

2 Comments

Filed under Issue 1, Volume 1

2 responses to “Antonin Artaud et l’essouflement du lógos

  1. Samuel Martin

    J’ai trouvé cet essai fascinant. L’analyse stylistique n’est nullement absconse, et l’argument est tout à fait convaincant. Je serais bien curieux d’en savoir plus sur ce cycle d’émissions radiophoniques qui, si je ne m’abuse, anticipe directement sur la poésie sonore des années 1950. D’ailleurs l’insistance d’Artaud sur l’aspect rythmique de ces textes m’intrigue; sait-on s’il a été influencé par la musique contemporaine?

  2. Nicolas Valazza

    Je vous remercie pour ce commentaire flatteur.
    Je n’ai pas vraiment eu l’occasion d’approfondir les dettes esthétiques d’Artaud envers d’autres domaines artistiques. Tout ce que je peux dire, c’est qu’Artaud a baigné dans une culture littéraire et théâtrale d’avant-garde, et que son oeuvre ressent, par ailleurs, de l’influence des expériences esthétiques et mystiques qu’il a pu vivre lors de ses voyages en Irlande et au Mexique.
    Si vous avez l’occasion de passer par Paris, une belle exposition est consacrée aux différents aspects de l’oeuvre d’Artaud à la Bibliothèque Nationale, jusqu’au 4 février 2007.

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